Il m'arrive souvent, entre deux trains ou au fond d'un café, d'ouvrir un carnet pour ramasser des idées, rayer des pensées, tracer une carte mentale ou noter une adresse glanée au hasard. Le carnet devient alors compagnon : compact, familier, capable de résister aux pliures et aux taches de café. Parmi les marques qui reviennent le plus souvent dans mes bagages : Moleskine et Leuchtturm1917. Choisir l'un plutôt que l'autre n'est pas qu'une affaire d'esthétique ; c'est choisir un outil qui soutiendra la discipline d'écrire chaque jour. Voici comment je procède pour faire ce choix — et comment je m'organise pour ne pas lâcher l'habitude.
Ce que j'attends d'un carnet de voyage
Avant de comparer marques et modèles, je m'interroge sur l'usage : est-ce un carnet pour capturer des fragments (adresses, rencontres, tickets collés), pour écrire des pages quotidiennes, pour dessiner, ou pour tout à la fois ? Mes exigences essentielles :
Différences sensibles entre Moleskine et Leuchtturm1917
En pratique, Moleskine et Leuchtturm sont souvent comparés, et à raison. Voici les points sur lesquels je m'appuie :
| Caractéristique | Moleskine | Leuchtturm1917 |
| Grammage papier | Souvent 70-80 g/m² | Généralement 80 g/m² (parfois 90 g/m²) |
| Index / numérotation | Absente (selon modèle) | Pages numérotées, index en début |
| Couverture | Souple ou rigide, finition iconique | Couverture très robuste, large palette de couleurs |
| Ouverture à plat | Bonne, mais dépend du modèle | Excellente |
| Accessoires | Pochette, signet, élastique | Pochette, signet, étiquette autocollante, stickers |
Pour moi, Leuchtturm1917 gagne souvent sur la praticité : pages numérotées, table des matières, papier plus épais. C'est utile quand on veut retrouver rapidement une note prise il y a trois semaines. Moleskine séduit par son design iconique et un toucher particulier, mais son papier fin peut parfois laisser transparaître l'encre selon le stylo utilisé.
Choisir selon son style d'écriture et d'outils
Un point déterminant est le stylo que vous aimez. J'ai abandonné des carnets parce que mon stylo plume traversait la feuille ou bavait. Voici quelques observations pratiques :
Format et formatage : comment choisir la taille et le lignage
Mon choix de format dépend du voyage. Pour un week-end : pocket (9×14 cm) ou A6, facile à glisser dans une poche. Pour plusieurs semaines ou pour écrire longuement : A5. Concernant le lignage :
J'ai tendance à préférer le dot pour sa polyvalence : il guide sans enfermer.
Design intérieur : index, numéros, pochettes
Leuchtturm propose souvent une table des matières pré-formatée, des pages numérotées et des stickers pour l'étiquetage — des détails qui transforment un carnet en outil organisé. Moi, qui reviens souvent aux mêmes pages, j'apprécie de pouvoir retrouver une note sur un restaurant ou une idée développée six mois plus tôt. C'est un avantage concret pour entretenir l'habitude d'écrire : la trace devient utile.
Créer une routine pour écrire chaque jour
Avoir le bon carnet n'empêche pas l'abandon. Voici les astuces qui m'ont aidé à écrire régulièrement :
Emporter son carnet : protection et transport
Un carnet mal protégé prend des plis et des pages arrachées — mauvaises nouvelles pour la motivation. Voici ce que j'emmène :
Quand changer de carnet ?
Je change quand le carnet commence à devenir encombré, quand la logique de mes notes ne me convient plus ou quand j'ai besoin d'un format différent pour un voyage spécifique. Parfois, le plaisir d'ouvrir un carnet neuf suffit à relancer l'habitude — ne sous-estimez pas le poids symbolique d'une couverture neuve.
Mes recommandations selon les profils
Au final, le meilleur carnet est celui qui disparaît sous vos mains : pas trop précieux pour que vous n'osiez y écrire, mais assez soigné pour que l'acte d'ouvrir et d'écrire reste agréable. Quelque soit la marque que vous choisissez, l'important — et cela se construit plus que cela ne s'achète — c'est la petite habitude quotidienne qui transforme un objet en carnet véritablement vivant.