Partir une semaine en Europe sans laisser une traînée de déchets n'est pas un exploit mystique : c'est un assemblage de petits gestes pratiques, d'anticipation et d'un état d'esprit tourné vers la simplicité. Après plusieurs voyages où j'ai testé et ajusté mon équipement, voici ce que j'emmène, ce que j'évite et comment je garde le confort sans le sachet plastique qui s'accroche à la valise.
Pourquoi viser zéro déchet pour une semaine ?
Je vois deux raisons principales : l'impact et l'expérience. Premièrement, une semaine génère déjà beaucoup de déchets à cause des emballages à usage unique, des bouteilles et des solutions de dépannage. Deuxièmement, voyager léger et avec des objets réutilisables change la relation au voyage : on prend le temps de choisir où manger, de remplir sa bouteille plutôt que d'acheter, d'entrer dans un commerce local plutôt que d'opter pour la facilité. C'est une manière d'être curieux et responsable à la fois.
Mon kit de base (compact, réutilisable, confortable)
Voici les indispensables que je glisse toujours dans mon sac cabine :
Comment je prépare les repas sans générer de déchets
Je privilégie les marchés, les boulangeries et les épiceries vrac. Dans beaucoup de villes européennes — Vienne, Lisbonne, Barcelone, Berlin — les boutiques vrac se multiplient, et on peut facilement trouver des noix, du café, du riz ou des pâtes que je mets dans mon sac à vrac. Pour le petit-déjeuner, une boulangerie locale + ma tasse réutilisable = zéro emballage.
Si je prévois un pique-nique : j'achète des fruits frais, du pain, du fromage, des olives, je range le tout dans mes contenants hermétiques. Les restes vont directement dans les boîtes plutôt que dans des sacs jetables.
Se loger en mode responsable et confortable
Je privilégie les hôtels/bnb qui proposent des distributeurs de savon et shampoing rechargeables plutôt que les miniatures. Beaucoup d'hébergements commencent à communiquer là-dessus — n'hésitez pas à demander avant la réservation. Choisir un logement avec cuisine est aussi un atout : préparer un repas ou chauffer des restes réduit les emballages et le coût.
Transport : choisir malin
Le train est mon choix par défaut en Europe pour sa faible empreinte carbone et la liberté de transporter sa gourde et ses sacs sans souci. Pour les déplacements en ville, je marche, loue un vélo ou prends les transports en commun plutôt que d'utiliser des services qui génèrent souvent beaucoup de déchets — pense aux taxis avec bouteilles plastiques offertes à bord.
Gestion des déchets sur place
Je me renseigne sur le tri local dès mon arrivée : dans certains pays, le verre se recycle séparément, dans d'autres le tri est moins développé. Si je n'ai pas d'option de compost, je garde mes déchets organiques (épluchures, restes) jusqu'à pouvoir les jeter dans une poubelle adaptée ou dans un compost communautaire selon la ville.
Astuce : remplacer les « dépannages » jetables
Applications et ressources utiles
Un tableau pratique : la checklist de ma valise cabine
| Équipement | Pourquoi |
| Gourde inox 750 ml | Hydratation, café/thé chaud, évite les bouteilles plastiques |
| Gobelet réutilisable pliable | Boissons à emporter, cafés |
| Sac à vrac + tote | Courses, marché, trier les achats |
| Couverts + paille inox | Déjeuners sur le pouce, street food |
| Contenants hermétiques | Restes, snacks, portions |
| Shampoing/ savon solide | Hygiène sans flacon plastique |
| Lingettes lavables & serviette microfibre | Remplace les lingettes jetables, séchage rapide |
| Coupe menstruelle / protections lavables | Confort et zéro déchet |
Réduire sans se priver : des exemples concrets
La première fois que j'ai testé ce kit pendant une semaine à Porto, j'ai réalisé que je dépensais moins et profitais plus : j'ai mangé des produits locaux, bu de l'eau du robinet dans ma gourde isotherme, et j'ai évité les files pour acheter des bouteilles. À Amsterdam, mon sac à vrac m'a permis de remplir des produits secs dans une épicerie vrac et de les rapporter au logement pour cuisiner. À chaque fois, le confort n'était pas entamé : juste un peu plus d'attention.
Il y aura des moments d'imprévu — un café sans personnel, un magasin sans vrac — mais l'idée n'est pas d'être parfait, juste de réduire. Et souvent, les commerçants apprécient la démarche : on engage la conversation, on découvre des alternatives locales, et on repart avec autre chose qu'un sachet plastique en souvenir.